Mes parpaings de réemploi deux ans après, montés en jardinière

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Jardinière en parpaings de réemploi après deux ans, jardin ancien rénové durablement

Mes jardinières en parpaings de réemploi avaient la base froide sous la main, un matin de pluie fine près de la remise, à côté de la maison, près d’Angers (Maine-et-Loire). Après deux ans, les parpaings posés sur une base bien tassée n’ont presque pas bougé. Le gravier du bac drainé venait de Leroy Merlin, et je l’avais encore en tête en voyant la bande sombre sur l’autre bac. Dans mon travail, j’ai appris à me fier à ce que je vois. Le test a été provoqué par l’usage prolongé des jardinières exposées aux intempéries.

Comment j’ai monté et suivi mes deux jardinières pendant deux ans

Je suis parti de deux rectangles de 1,20 m sur 45 cm, montés avec des parpaings récupérés sur un tas que je gardais depuis des mois. Je les ai installés dans un coin du jardin où l’eau reste après les pluies d’automne, sur une terre déjà bien tassée. À l’époque, j’étais sûr de moi, parce que les blocs avaient l’air propres au premier coup d’œil. Mes deux adolescents m’ont aidé à porter les plus lourds, et j’ai vite senti le vrai poids du réemploi.

Pendant 24 mois, je suis revenu tous les 15 jours, puis après chaque pluie marquée. J’ai pris trois mesures par mois avec une sonde d’humidité, toujours au même point, à 2 cm du bord bas et au milieu. J’ai aussi pris des photos de la face nord, avec le même angle, parce que la mousse n’apparaît pas au même rythme partout. Mon carnet de chantier n’a rien de propre, mais je m’y suis tenu.

Pour la jardinière drainée, j’ai posé les blocs sur un lit bien tassé, puis j’ai ajouté 4 cm de gravier et un géotextile avant la terre. J’ai rempli avec un mélange léger, pas une terre lourde sortie du compost encore humide. Pour l’autre, j’ai laissé le fond nu, presque par paresse, et je me suis retrouvé avec un montage plus simple sur le moment, mais plus fragile ensuite. Oui, je sais, je m’étais juré de ne plus faire ça.

Avant de fermer le dernier rang, j’ai tapé légèrement sur chaque bloc. Celui qui sonnait creux partait de côté, même si sa face me semblait propre. Ce tri m’a évité de garder des pièces déjà fatiguées, et j’ai compris trop tard que le gel avait laissé des microfissures invisibles. Quand je frottais les coins, une poussière grise me restait déjà sur les doigts.

Ce que j’ai constaté au fil des saisons, entre stagnation d’eau et mousse envahissante

Les premières semaines, la différence m’a sauté au nez après un gros épisode pluvieux. Sur la jardinière sans drainage, les faces du bas ont pris une bande sombre qui est restée visible plusieurs jours. Sur l’autre, j’ai vu des traces aussi, mais le bas séchait plus vite et la sonde retombait à un tiers environ, contre un tiers environ sur le bac nu vingt-quatre heures après la pluie. J’ai été frappé par cet écart, parce que les deux avaient reçu le même arrosage.

Au bout de quelques mois, la face nord s’est couverte d’une mousse fine, surtout le long des joints. J’ai aussi vu apparaître des auréoles blanches de salpêtre en bas de face, là où l’eau remonte et s’évapore. Sur le bac sans drainage, la base restait foncée et une odeur de béton humide montait quand je me penchais dessus. Dans mon jardin, le vent sèche vite le dessus, mais le bas garde tout.

Le tournant est venu un soir de janvier, quand j’ai gratté un bloc humide à la base du bac sans drainage. La surface est partie en poudre grise très fine, et de petits éclats sont tombés sur mes chaussures. Je me suis retrouvé avec un coin friable entre les doigts, alors que le bloc paraissait bon à l’œil un quart d’heure plus tôt. Là, j’ai compris que ce n’était pas juste une tache.

Quand j’ai repris la mesure sur le bac drainé, j’ai vu l’intérêt du gravier et du géotextile. L’eau ne stagnait pas au fond, et la sonde restait 5 points plus basse que sur le bac nu après les mêmes pluies. Le mélange drainant m’a coûté 47 euros, et je me suis dit que c’était peu face au temps perdu à gratter la mousse. J’ai été convaincu par cet ajout simple, pas par le look du montage.

moment bac drainé bac sans drainage
24 h après une pluie un tiers environ à la sonde, face basse déjà claire un tiers environ à la sonde, bande sombre au bas
au bout de 6 mois mousse légère sur la face nord mousse dense et salpêtre en bas
après 2 hivers aucun éclat nouveau, joints propres 2 coins écaillés, surface farineuse

Ce que j’aurais dû prévoir avant de me lancer, entre erreurs et limites du réemploi

J’ai vu chez moi trois erreurs revenir vite : poser directement sur la terre, bourrer une terre trop compacte et garder des blocs déjà fatigués. Quand j’ai laissé le fond nu, le tassement irrégulier a mis un coin de travers en moins d’une saison. Quand j’ai rempli trop lourd, l’humidité est montée plus haut et le salpêtre est arrivé avec les premiers redoux. Je pense que la terre collante fait pire que la pluie.

Les parpaings de réemploi restent poreux, et je l’ai senti en les manipulant au sec comme sous la pluie. Un bloc peut sonner plein à la tape et commencer à faire farine au frottement après deux hivers mouillés. Les arêtes prennent les chocs de brouette, de pelle ou de pioche, puis des petits éclats partent. Pour un mur qui retient vraiment la terre, je laisse ça à un maçon.

Je n’ai pas cherché à appuyer ce constat sur un organisme ou une fiche, parce que mes blocs m’ont déjà parlé assez fort. Quand je vois la base rester foncée et sentir le béton humide, je sais que l’eau ne circule pas comme elle devrait. Ce que j’ai gardé, c’est le geste simple de couper le contact direct entre terre mouillée et maçonnerie. Pour moi, c’est là que le test bascule.

Mon verdict après deux ans : ce qui marche, ce qui casse, et dans quels cas je le recommande

Au bout de 2 ans, la jardinière drainée tient d’équerre, sans ventre au milieu, et je n’ai vu aucun affaissement. La jardinière sans drainage garde la base foncée, de la mousse sur la face nord et du salpêtre en bas, avec 2 coins qui ont perdu des éclats. Sur ma sonde, je lis encore un tiers environ sur le bac drainé après pluie, contre un tiers environ sur l’autre. Les jardinières en parpaings réemployés tiennent bien sur une base stable avec drainage.

Je le garde pour quelqu’un qui accepte de trier ses blocs et de passer une heure sur le fond avant de remplir. Pour un petit budget, le réemploi marche bien quand la base est saine, les joints restent sobres et la terre ne colle pas comme de la glaise. Mes deux adolescents ont vu la différence sans que je leur fasse un grand discours, et ça m’a suffi. Dans mon travail de Auteur éditorial indépendant ; rénove sa maison ancienne et son jardin en autodidacte, ce genre de retour pèse plus qu’une belle promesse.

Quand je n’ai pas le temps de faire un drainage propre, je choisis au moins un fond plus stable, une terre moins compacte et une protection contre les ruissellements du haut. J’aime aussi une petite margelle, parce qu’elle limite les coulures sur les faces basses. Si je devais refaire une jardinière demain, je garderais les blocs réemployés, mais je ne sauterais plus l’étape du gravier, même pour gagner 20 minutes. Le ticket de Point.P et le géotextile de Leroy Merlin m’ont coûté moins que les blocs qu’ils ont sauvés.

Mon verdict est net : je garde les jardinières en parpaings réemployés avec drainage, et je laisse de côté le montage sans fond préparé. Sans drainage ni tri des blocs, l’humidité amène la mousse, le salpêtre et la dégradation rapide. Pour quelqu’un qui accepte de travailler le fond avant de remplir, je trouve ce montage solide et sobre. Pour quelqu’un qui veut poser puis oublier, il m’a déçu.

Avatar de Paul Cordonnier
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