Composteur en bois ou en plastique : celui qui a tenu chez moi

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Composteur en bois ou en plastique : celui qui a tenu chez moi

Le composteur en bois a claqué dans ma paume, et l’odeur de terre humide m’a sauté au nez, bien plus nette que celle du bac plastique de Gamm Vert, qui tournait à la soupe fermentée. J’ai compris tout de suite que mes 50 euros n’avaient pas raconté la même histoire. Auteur éditorial indépendant, je rénove ma maison ancienne et mon jardin en autodidacte près d’Angers (Maine-et-Loire), et j’ai noté pendant 12 semaines l’odeur, la condensation et l’état des fixations avant de trancher.

Ce qui m’a fait choisir entre bois et plastique au départ

Je suis parti sur ce choix quand mes deux ados ont commencé à remplir le seau de cuisine plus vite que la poubelle. Mon jardin n’est pas grand, il prend le vent, et je voulais vider moins de sacs de déchets verts. J’ai appris à regarder le détail qui lâche en premier, pas la belle promesse sur l’étiquette ; comme je rénove ma maison ancienne et mon jardin en autodidacte, je fais aussi attention aux fixations et à la base.

Chez moi, le coin du fond reçoit le soleil le matin, puis passe à l’ombre. Le vent y tourne bien, alors je voulais un bac stable, pas un cube léger qui se déplace à la première bourrasque. L’aération comptait plus que le look, parce qu’un bac trop fermé m’a donné des odeurs dès les premières tontes fraîches.

J’ai regardé un composteur bois clair-voie à 150 euros et un modèle plastique fermé à 50 euros. Le bois me plaisait pour sa tenue au vent et sa masse visuelle, le plastique pour son prix et le jet d’eau au vidage. Je me suis dit que le bois respirerait mieux, mais je gardais un doute sur sa base.

Au bout de quelques semaines, j’ai été convaincu par l’odeur plus propre du bois et par sa ventilation. Je voyais déjà le compromis, parce qu’un bas posé sur terre humide ne pardonne pas. Je suis resté sur le bois, mais avec cette petite voix qui me disait que la base allait payer l’addition.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas comme prévu

Le premier hiver, j’ai posé le bois directement sur la terre, et j’ai vite vu le pied des planches noircir. Au toucher, le bas était mou, comme s’il avait bu l’humidité pendant des semaines. J’avais monté ce bac avec une quincaillerie médiocre, et les vis ont pris une teinte orange avant que le bois ne se déforme.

Au premier vidage complet, je me suis retrouvé avec une rangée du bas noircie et molle, alors que l’extérieur semblait encore sain. Quand j’ai basculé la caisse, une odeur de bois mouillé, presque de moisi, m’a pris à la gorge. J’ai dû gratter des morceaux qui partaient en miettes, et mes gants ont gardé cette odeur de terre lourde toute la matinée.

Sur le plastique, la fatigue venait autrement. J’ai entendu un craquement sec dans une charnière par temps froid, puis j’ai vu un petit jeu dans les clips du couvercle. Un angle a cassé net le jour où j’ai voulu l’ouvrir d’une main, avec les doigts gelés.

Le bois me trahissait par la base, pas par la face. Le plastique me laissait tranquille jusqu’au jour où une pièce minuscule lâchait. Chez moi, le vrai doute est venu là, parce que le bac le plus propre à l’œil n’était pas celui qui rendait service le plus longtemps.

Trois semaines plus tard, la surprise olfactive et ce que ça m’a appris

Trois semaines plus tard, j’ai ouvert le bois à mi-saison et je me suis senti soulagé. L’odeur était celle d’une terre humide propre, pas d’un fond qui cuit. La claire-voie laissait passer l’air, et je le sentais aux doigts quand je soulevais la trappe.

Dans le plastique fermé, l’histoire était moins agréable. Après une pluie, j’ouvrais le couvercle et je voyais des petites gouttes de condensation dessous. L’odeur remontait d’un bloc, plus chaude, plus lourde, comme un seau resté fermé.

La différence venait de la circulation de l’air. Le bois laissait l’humidité filer plus vite, mais il me demandait d’ajouter du brun sec et d’arroser un peu plus. Le plastique gardait la chaleur, ce qui lançait le compost plus vite au printemps, mais il gardait aussi l’humidité quand je mettais trop de tontes fraîches.

J’ai appris à corriger ma façon de remplir les bacs. Dans le bois, je mettais plus de feuilles et de petits cartons bruns pour éviter le dessèchement. Dans le plastique, je freinai les tontes fraîches, sinon la masse se tassait et l’odeur de fermentation revenait en deux jours.

Si tu hésites entre les deux, voilà ce que je recommande

Pour un jardin urbain semi-ombragé, je prends le bois clair-voie sans hésiter. Il tient mieux au vent, et l’ouverture sent la terre plus que le fond humide. Pour quelqu’un qui accepte de lever le bac de temps en temps, ce choix a du sens.

Pour un budget serré et une envie de dormir tranquille sans entretien, je penche vers le plastique épais. À 50 euros, il m’a paru moins élégant, mais il encaisse mieux les saisons quand il reste à l’ombre. Le piège, c’est le couvercle et ses petites pièces.

Je déconseille le bois posé à même la terre si le coin prend la pluie ou reste gras. Chez moi, c’est là que la base a lâché en premier. Je le déconseille aussi à ceux qui veulent oublier le bac pendant des mois.

  • composteur métal perforé, trop cher chez moi et avec une rouille qui m’aurait agacé
  • composteur rotatif plastique, plus cher et plus fragile au niveau des pivots
  • compost en tas avec couverture, simple mais plus salissant à gérer
  • bois traité sur dalles, plus durable, mais j’aurais dû prévoir la pose dès le départ

Ces alternatives m’ont servi de comparatif, mais aucune n’a collé à mon usage. Je voulais un bac stable, discret et facile à ouvrir quand les deux ados revenaient avec un seau plein. Le jardin m’a vite rappelé qu’un système trop bricolé finit par prendre plus de temps qu’il n’en fait gagner.

Le bilan après 3 ans, ce que je referais (ou pas)

Après 3 ans, le bois a fini par lâcher, même si mes deux adolescents vidaient les seaux de cuisine avec un sérieux qui m’a fait sourire. J’avais surélevé le bac une fois, puis changé la visserie, mais la base a tout de même noirci jusqu’à s’effriter. Le composteur tenait encore debout de loin, mais dès qu’on touchait le bas, le mal était là.

Le plastique a tenu plus longtemps que je ne l’aurais parié. J’ai fini par casser le couvercle, pas la cuve, et je n’ai pas eu le cœur de réparer un clapet déjà blanchi par le soleil. À l’ombre, il aurait sûrement duré mieux, mais chez moi il a gardé cette odeur de fermentation que je ne supportais plus.

Je n’ai pas besoin d’une fiche pour voir ce que j’ai appris. Mon métier. Le bois a gagné sur la stabilité visuelle et la ventilation, le plastique épais sur la durée, mais seulement quand les clips et le couvercle restent en forme.

Aujourd’hui, je poserais le bois sur des dalles ou des plots, pas à même la terre. Je choisirais aussi un plastique plus épais, mais seulement à mi-ombre, avec des clips solides et un couvercle qui ne force pas. Je garderais surtout le réflexe de mélanger brun et vert, parce que c’est là que j’ai vu la différence la plus nette.

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI : je recommande le bois clair-voie à quelqu’un qui a un jardin semi-ombragé, un bac posé sur dalles ou sur plots, et la patience de le surveiller après les pluies. Je le vois bien pour un couple avec deux adolescents, un coin de compost à 10 mètres de la maison, et un budget qui peut monter à 150 euros. Le plastique épais me va aussi pour quelqu’un qui veut payer 50 euros et ne pas courir après l’esthétique.

POUR QUI NON : je déconseille le bois à quelqu’un qui a un terrain humide, une terre qui colle, ou l’idée de ne rien regarder pendant 6 mois. Je déconseille aussi le plastique léger à celui qui le laisse en plein soleil, parce que le couvercle blanchit, puis les clips fatiguent. Si tu veux un bac sans entretien et sans odeur, je ne te vends pas du rêve, aucun des deux ne le donne.

Mon verdict : pour quelqu’un qui accepte de lever le bac, de regarder la base et de garder le coin sec, je prends le bois posé correctement. Pour quelqu’un qui cherche surtout un bac simple, à l’ombre, et qui veut le vider sans réfléchir, je prends le plastique épais. Chez moi, le bac de Gamm Vert a perdu sur l’odeur, mais gagné sur la tenue, et c’est ce compromis que je retiens.

Avatar de Paul Cordonnier
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