Du terreau fait maison comparé au terreau du commerce sur mes semis

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Du terreau fait maison comparé au terreau du commerce sur mes semis

Dans ma véranda, près d’Angers (Maine-et-Loire), le terreau maison tamisé fin glissait encore entre mes doigts quand j’ai ouvert le sac Botanic de 40 L posé sur l’établi. J’ai voulu comparer mon mélange grossier, mon mélange très fin et le terreau du commerce, puis suivre le premier arrosage pendant 21 jours. Je suis parti avec deux caissettes, deux tamis et le même lot de graines de salade et de basilic, parce que mes deux adolescents me les réclament chaque printemps, et ma compagne finit toujours par me rappeler de ne pas tout éparpiller dans la véranda.

Comment j’ai préparé et suivi mes semis dans ces conditions précises

J’ai installé les caissettes dans ma véranda orientée à l’est, avec 17 degrés le matin et 19 degrés en milieu de journée. J’ai arrosé tous les 2 jours, toujours avant 8 heures, sauf le 9e jour où j’ai laissé passer une journée à cause d’un rendez-vous scolaire. Mes semis ont vécu là 21 jours, sous une lumière franche jusqu’à la fin d’après-midi, avec les ouvertures de fenêtre que je faisais quand la buée montait trop.

Pour le mélange grossier, j’ai gardé un tamis de 2 mm. Pour le plus fin, j’ai passé mon compost mûr dans un tamis de 0,5 mm, puis j’ai ajouté une poignée de matière légère que je garde au sec dans un seau, juste pour casser la masse. Mon compost venait de feuilles mortes, de déchets verts et d’un fond de tonte bien décomposé, pas d’un tas encore chaud.

J’ai choisi un sac de 40 L spécial semis, payé 8 euros, parce que je voulais un point de comparaison net. J’ai noté le taux de levée, la croûte en surface, l’homogénéité, puis la vigueur des plantules, avec 11 photos datées et deux prises de notes par semaine. J’ai compté 20 graines de salade et 20 graines de basilic par mélange, pour garder le même volume de départ.

Le jour où j’ai compris que la finesse changeait tout, mais pas toujours comme prévu

Au premier remplissage, j’ai senti tout de suite l’écart. Le terreau du commerce coulait presque comme du sable humide, avec des fibres fines et un peu de perlite qui le faisait respirer sous la main. Mon mélange maison grossier, lui, accrochait davantage, avec deux petits morceaux de bois et des fibres visibles. Le mélange très fin m’a paru propre, presque doux, mais j’ai compris qu’il n’aimait pas les gestes brusques.

Au 7e jour, j’ai vu la levée la plus régulière dans le terreau du commerce et dans le mélange maison très fin. Dans le bac fin, une croûte blanchâtre est apparue après un arrosage par le dessus, alors que le bac grossier gardait des zones sèches et des graines coincées sous la surface. La différence m’a sauté aux yeux, parce que le terreau du commerce se réhydratait sans faire de plaque dure, alors que mon mélange fin, lui, en formait une.

Je me suis retrouvé avec plusieurs plantules du mélange grossier qui stagnaient, et trois moucherons noirs ont quitté le bac dès que j’ai touché le bord. J’ai senti cette odeur de cave humide dès que j’ai ouvert le bac, un signal clair que mon compost n’était pas prêt, et j’ai vu une odeur aigre monter avec l’humidité du fond. Sur deux godets, les tiges se pinçaient au collet, se couchaient, puis finissaient comme coupées, le matin même où tout semblait normal la veille.

Je suis rentré avec l’arrosoir dans les mains et j’ai changé ma façon de faire le lendemain. J’ai réduit l’eau sur le mélange fin, puis j’ai essayé un arrosage par le dessous pour éviter la croûte de battance. Sur le mélange maison trop compact, j’ai vu le substrat se tasser, puis une tige s’affaisser juste après un arrosage trop lourd. Là, j’ai compris que mon compost devait être plus mûr, plus tamisé et mélangé avec une part plus légère.

Trois semaines plus tard, ce que mes mesures et mes yeux ont confirmé

Au bout de 21 jours, j’ai compté 17 levées sur 20 graines au terreau du commerce, 16 sur 20 dans mon mélange très fin et 12 sur 20 dans le mélange grossier. Sur le basilic, l’écart s’est encore vu plus vite, parce que les graines ont réagi d’abord là où la surface restait souple. J’ai obtenu une levée quasi complète au commerce, presque autant dans le mélange fin et un peu moins dans le grossier, avec la salade un peu plus stable que le basilic.

Après plusieurs arrosages, la surface du mélange fin s’est fermée en croûte dure dès que j’ai arrosé par le dessus. Le mélange grossier n’a pas fait de croûte nette, mais j’ai vu des bosses, des creux et des zones qui séchaient à des vitesses différentes. Le terreau du commerce est resté le plus homogène, avec une surface souple qui absorbait l’eau sans se coller à la paroi, et la perlite y aidait clairement.

Sur mes photos du 14e jour, les tiges du terreau du commerce et du mélange fin étaient plus droites, plus compactes, et la base tenait mieux au repiquage. Dans le grossier, les plantules partaient de travers, avec des tiges plus fines et des feuilles un peu molles. J’ai vu là la limite de mon tamis 2 mm, parce que les fibres restaient visibles et gênaient la sortie des racines.

J’ai découvert au repiquage que le mélange maison fin avait fait lever une petite herbe parasite, ce qui ne m’était jamais arrivé avec le terreau du commerce. J’ai aussi trouvé une mousse très légère et un dépôt blanchâtre dans un coin moins lumineux du bac commerce, mais les semis tenaient bon. Le contraste m’a surpris, parce que je m’attendais à un bac net d’un côté et à rien de l’autre, pas à ce petit bruit de vie en trop dans le mélange maison.

Mon verdict au bout du test, ce que je ferai différemment la prochaine fois

Le terreau du commerce Compo a gagné sur la levée homogène et sur la finesse de surface. Mon mélange maison très fin a tenu sa place quand j’ai réduit l’eau et changé mon arrosage, mais il m’a demandé plus d’attention. Le mélange grossier, lui, m’a montré ses limites dès la première semaine, avec des graines coincées, des zones sèches et des tiges qui partaient de travers.

Je ne peux pas faire comme si tout se valait, parce que mon compost maison reste plus irrégulier que le sac du commerce. La préparation m’a pris 1 h 30, contre zéro pour le sac prêt à l’emploi, et j’ai passé ce temps à tamiser, retirer les fibres et vérifier l’odeur. J’ai aussi vu que le moindre excès d’eau réveille vite les moucherons quand le compost n’est pas assez mûr.

Pour quelqu’un qui accepte de trier un compost très mûr, de tamiser fin et de surveiller l’eau de près, mon mélange maison fin peut tenir la route. Pour un semis rapide, ou quand je veux un départ sans surprise, je prends le terreau du commerce, surtout pour la salade et le basilic. Et si je vois un collet noircir malgré mes réglages, je m’arrête là et je demande un avis en jardinerie, parce que je ne vais pas jouer au plus malin avec un bac qui tourne mal.

Avatar de Paul Cordonnier
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