Cru pouvoir tout réemployer, un bois traité m’a gâché un carré potager

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Cru pouvoir tout réemployer, un bois traité m'a gâché un carré potager

L’odeur chimique du bois traité a remonté du carré potager quand ma grelinette a remué la terre mouillée, juste après l’averse de 19 heures. J’avais monté ce bac avec du bois de récup pris à la déchetterie de Saint-Barthélemy-d’Anjou, et j’avais cru économiser 187 euros. J’ai compris ce soir-là que mon économie me revenait en pleine figure.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas

Je suis parti d’un tas de chutes récupérées derrière un petit chantier, avec l’idée de faire simple et rapide. Les planches ne m’avaient rien coûté, ou presque, et il me restait des vis et deux équerres d’un ancien appentis. Avec mes deux enfants adolescents qui me regardaient trier le lot dans la cour, j’avais envie d’un carré net, au fond du jardin, pour les tomates et les salades.

J’ai monté le cadre avec des vis ordinaires, sans regarder assez près les bouts sciés. Sur les faces, le bois paraissait sec, mais les coupes fraîches avaient un ton plus sombre, presque vert sur certains bords. Je me suis retrouvé content du résultat au mètre, avec un carré d’1 m sur 1 m qui tenait bien debout le premier soir.

La première grosse pluie a tout renversé dans ma tête. En arrosant le lendemain, j’ai été frappé par une odeur de solvant et de goudron qui montait du bord humide. Un de mes enfants a levé le nez et m’a demandé pourquoi ça sentait le garage, et j’ai senti mon estomac se nouer. Ce jour-là, en arrosant, cette odeur chimique m’a sauté au nez, un mélange de goudron et de solvant que mes enfants ont aussi remarqué, ce qui m’a glacé le sang.

Les jours suivants, le cadre a commencé à forcer. Un angle s’est ouvert de 4 millimètres, puis les vis ont pris une teinte brunâtre autour des têtes. Je me suis retrouvé à serrer un côté deux fois en 8 jours, sans corriger le fond du problème. La terre restait plus humide contre les planches que je ne l’avais prévu, et le bois travaillait à sa façon, sans me demander mon avis.

Trois semaines plus tard, la surprise qui m’a fait tout démonter

Trois semaines plus tard, j’ai vu les planches se vriller sur deux côtés. Les angles s’ouvraient, la terre collait au rebord, et la paume accrochait une surface un peu poisseuse. Quand je passais la main sur le bois chauffé par le soleil, je sentais qu’il ne ressemblait plus à un simple matériau de récup.

L’odeur ne partait pas. À 16 heures, quand le bac prenait le soleil, elle revenait plus sèche, presque noire dans ma tête, et je la retrouvais au moment de cueillir les radis. J’ai été frappé par ce contraste entre un carré propre de loin et cette gêne au ras du bord. Mes enfants passaient moins près du bac quand le bois chauffait, et je les comprenais très bien.

J’ai appris qu’un doute qui colle à la terre ne disparaît pas avec un arrosage. J’ai regardé les extrémités une seconde fois et j’ai vu une teinte verdâtre sur deux planches, bien visible en les retournant. Une autre avait gardé un toucher un peu gras, comme si le bois avait gardé sa mémoire au lieu de la perdre.

J’ai démonté le carré à contrecoeur. Démontage d’un carré potager, terre collée, planches lourdes, vis rouillées, j’ai passé 3 heures à tout démonter, avec la boule au ventre de savoir que j’allais devoir tout refaire à neuf. J’ai perdu un samedi entier, 47 euros de quincaillerie, puis encore 68 euros de bois neuf pour repartir proprement.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de me lancer

Le problème ne venait pas du bois ancien en lui-même, mais de ce que je ne savais pas sur son traitement. Un bois traité en autoclave garde par moments une teinte verdâtre sur les coupes, et une vieille traverse peut sentir le goudron dès qu’elle chauffe. Quand la terre reste en contact direct avec ce genre de bois, l’odeur remonte dans mon esprit dès la première pluie, et je ne peux plus faire semblant de ne rien sentir.

Les signaux étaient là, et je les ai balayés parce que le carré paraissait propre au premier regard. L’odeur à la coupe, la surface un peu grasse, les vis qui coinçaient déjà au montage, tout ça me parlait. J’aurais dû lire le lot avec plus de patience, mais je ne l’ai pas fait. Je me suis arrêté trop tôt, parce que le cadre était d’équerre et que ça me suffisait sur le moment.

  • odeur plus forte sur les coupes fraîches après humidification
  • teinte verdâtre ou grisée en retournant les planches
  • surface un peu grasse au toucher quand le bois chauffe
  • points de rouille autour des têtes de vis
  • terre plus froide et plus humide au pied du carré

Quand j’ai repris le sujet après coup, je n’ai plus voulu laisser ce genre de bois au contact direct de la terre. J’ai aussi vu qu’un simple changement de fixation changeait l’allure du cadre, parce que les vis ordinaires rouillent vite sur du bois humide et finissent par donner du jeu. Mon regard a changé au moment du tri, pas après une grande théorie, juste après le bruit sec d’une vis qui ne tenait plus.

Ce que je retiens après cette expérience qui m’a coûté cher

Au final, j’ai laissé 187 euros dans cette histoire, entre le bois neuf, les vis, les équerres et les reprises. J’ai aussi perdu 9 heures entre le démontage, le tri de la terre et le remontage d’un autre cadre. Le pire n’était pas le chiffre seul, mais le temps passé à regarder un bac qui me rappelait mon erreur à chaque passage de main.

Mes deux enfants adolescents ont vu ma mauvaise humeur pendant deux soirs. L’un m’a demandé si les salades avaient pris le goût de goudron, et l’autre a posé la question qui m’a le plus piqué : est-ce qu’on allait vraiment manger ça. J’ai répondu que je n’en étais pas sûr, et cette phrase m’est restée en travers jusqu’au coucher. Je n’aime pas bricoler un doute quand il touche à ce qui finit dans l’assiette.

Si un ami m’avait montré ces planches avant le montage, je lui aurais dit de ne pas confondre bois de récup et bois bon pour un potager. Le gain de départ tient très peu quand l’odeur revient après la pluie, puis quand les angles s’ouvrent. Pour quelqu’un qui accepte de démonter deux fois un bac, ce bois peut passer, mais pour un carré destiné aux légumes des enfants, il m’a paru trop cher dès la première semaine.

Quand j’ai ramené les morceaux vers Saint-Barthélemy-d’Anjou pour m’en débarrasser avec le reste, j’ai eu l’impression d’avoir payé deux fois la même erreur. Si j’avais su ça avant d’acheter ces planches, j’aurais gardé mes 187 euros, mes 9 heures et mes nerfs pour un bois qui n’aurait pas mis cette odeur entre la terre et mes légumes.

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