Jeté des années mes tontes en déchèterie avant de découvrir le mulching

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Homme de 46 ans jetant ses tontes en déchèterie avant de découvrir le mulching durable du jardin

Mulching, j’ai lancé la tondeuse un samedi matin dans mon jardin, près d’Angers (Maine-et-Loire), après quinze jours sans toucher au gazon, et la lame a tout de suite mâché une pâte verte sous le carter. L’herbe était haute, humide de la rosée, et j’avais la tête ailleurs à cause de la semaine. La machine a calé au milieu du jardin, devant la haie, pendant que les enfants passaient déjà par la terrasse. Cette matinée-là m’a coûté 187 euros, bien plus que l’aller-retour prévu à la déchèterie de la Baumette, à Angers.

Le jour où j’ai compris que ça ne marchait pas sur une pelouse trop haute et mouillée

J’étais dans le jardin familial, avec mes deux enfants adolescents qui avaient laissé traîner un ballon sous le poirier. J’ai surtout appris à me méfier des idées trop jolies. J’avais laissé l’herbe pousser plus de quinze jours, puis je suis parti tondre en me disant que le mulching allait avaler ça sans broncher. J’étais sûr de moi, et c’est là que je me suis trompé.

La rosée tenait encore, et la bande d’entrée brillait d’humidité. J’ai lancé la tondeuse thermique sans regarder de près, et le bourrage du carter a commencé dès les premiers mètres. La machine a calé deux fois sur la même ligne, puis j’ai vu des paquets d’herbe collés dessous quand je l’ai basculée. Là, le bruit n’était plus régulier, il râpait presque.

J’ai essayé de forcer le passage, puis de nettoyer sur place avec la main et un vieux couteau de cuisine. Ça sentait l’herbe écrasée humide, pas la pelouse fraîchement coupée. Je me suis retrouvé avec une coupe hachée, des brins encore debout et une impression de pâte verte qui collait sous les doigts. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Ce qui m’a frappé, c’est que je n’avais plus un mulching, mais une tonte qui écrasait tout. La différence entre une coupe poussée et une coupe hachée était visible au sol, avec des morceaux trop longs sur le dessus. J’ai fini la bande comme j’ai pu, puis j’ai regardé le jardin sans envie. Je n’avais pas raté un détail, j’avais raté la condition de départ.

La facture en temps, en argent et en énergie que je n’avais pas anticipée

Le lendemain, j’ai vidé trois sacs à la Baumette, puis j’y suis retourné deux jours après avec d’autres déchets verts. Le bac de 50 litres n’avait pas servi, mais j’avais gagné une corvée pire encore, celle du nettoyage. J’ai passé 6 heures à gratter le carter, à rincer les recoins et à enlever l’herbe séchée sur les roues. À force, le bac de récupération me paraissait presque confortable.

J’ai fini par acheter une lame neuve à 187 euros, plus 9 euros de produit pour décoller la boue verte. Le compte n’avait rien d’élégant, surtout avec la petite bande d’herbe ratée qu’il a fallu reprendre à la main le soir même. J’ai perdu aussi un dimanche entier, alors que j’avais prévu de remettre d’équerre une étagère dans l’atelier. Au lieu de ça, je suis resté à gratter du végétal collé sous le carter.

Le plus pénible, ce n’était pas seulement l’argent. C’était la fatigue qui restait dans les bras et le jardin qui avait mauvaise mine, avec des paquets séchés visibles sur deux bandes. Quand mes enfants ont traversé la pelouse, j’ai vu tout de suite le côté sale du chantier, celui qu’on ne retrouve pas quand la tonte se passe bien. J’ai même repoussé d’une semaine le reste du jardin, parce que je n’avais plus envie d’y retourner.

Ce raté m’a coûté plus qu’une tonte ratée. J’ai perdu de l’énergie, un dimanche, et une bonne part de ma patience pour le mois qui suivait. Sur le moment, je me suis senti bête d’avoir cru que la machine avalerait tout sans condition. La vérité, c’est que j’avais payé pour apprendre un geste que je pensais déjà maîtriser.

Ce que j’aurais dû vérifier avant de me lancer dans le mulching à tout prix

Depuis des années comme rédacteur du magazine Ecovalorisation et bricoleur autodidacte, je sais que je me fais piéger quand je veux aller trop vite. Le mulching a mieux marché chez moi quand j’ai tondu tous les 5 à 7 jours, sur herbe sèche, avec une hauteur de coupe un peu plus généreuse. Quand j’ai affûté la lame, la coupe est redevenue plus franche, et les brins se sont tassés entre les autres sans faire de paquets. Tondre trop court m’a laissé un gazon plus jaune au premier coup de chaud.

Les signaux étaient là, mais je les ai balayés du pied. L’herbe se couchait d’abord, puis des touffes plus denses apparaissaient, et la machine se mettait à forcer sans raison apparente. Quand ça commence à sentir la pâte verte sous le carter, c’est déjà trop tard pour faire semblant. Je me suis rendu compte que la coupe passait d’un rendu poussé à un rendu haché, avec des fragments trop longs sur le dessus.

  • l’herbe qui se couche et des touffes plus denses avant le passage
  • une humidité visible sur les brins et sous le carter
  • une odeur d’herbe écrasée qui remonte tout de suite
  • une résistance anormale de la tondeuse dès les premiers mètres

Le jour où j’ai ouvert le carter après une tonte humide, j’ai été frappé par l’épaisseur de pâte verte agglomérée. Ce n’était pas un détail, c’était la preuve sur place que la machine avait broyé de travers. Pour un carter tordu ou une lame vraiment voilée, je l’ai laissé au réparateur du coin, parce que là je ne savais plus juger. J’avais clairement dépassé ce que je pouvais régler seul.

Ce que je sais maintenant et que je ne referai plus jamais

J’ai fini par alterner le mulching et le bac dès que l’herbe montait trop. Quand la pousse était propre, je restais sur une tonte régulière, et la fine couche de brins hachés disparaissait en un ou deux jours si le temps restait sec. J’ai été convaincu surtout le jour où je n’ai plus rien transporté jusqu’à la déchèterie de la Baumette, à Angers, à part une paire de gants pleins de terre. La pelouse a pris un aspect plus dense, sans ces paquets qui faisaient sale.

Le gain le plus net, chez moi, a été le temps. Plus de sacs à remplir à chaque passage, plus de bac lourd à traîner, et moins de nettoyage après la tonte du samedi. Avec mes deux adolescents qui traversent le jardin sans demander la permission, j’ai trouvé le terrain plus simple à tenir. Je ne dis pas que le mulching a tout réglé, mais sur herbe sèche et suivie, le résultat tenait bien.

Pour quelqu’un qui accepte de tondre tous les 5 jours et de regarder l’herbe avant de démarrer, le mulching m’a semblé cohérent. Pour quelqu’un qui veut tout avaler après quinze jours de pousse et une rosée épaisse, j’ai surtout retenu les 187 euros, les trois sacs, et l’odeur d’herbe écrasée. Si j’avais su, j’aurais laissé le bac branché ce matin-là devant la Baumette, au lieu de croire que la tondeuse ferait le tri à ma place.

Je n’ai plus regardé ce passage de jardin de la même façon après ça. Le mulching marche bien sur herbe sèche et tonte régulière, et mes erreurs venaient de l’herbe humide, trop haute, d’une lame émoussée ou d’une coupe trop courte. Moi, ce que j’aurais voulu savoir avant, c’est que la machine ne compense pas la paresse du calendrier. Ce samedi-là, j’ai surtout appris le prix d’un mauvais timing.

Avatar de Paul Cordonnier
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